Les Techniques structurelles
 

La technique est dite structurelle parce qu'elle mobilise la structure osseuse. La plupart du temps, un bruit ou craquement se fait entendre au cours de la manipulation, ce bruit n'étant pas forcément signe d'efficacité ou de réussite, tout comme son absence n'est pas signe d'absence d'efficacité.

Ce bruit par ailleurs est considéré aujourd'hui comme témoin d'un phénomène de "cavitation" : au sein de l'articulation, la manipulation crée une petite dépression locale qui entraîne la libération de fluide et d'une bulle de gaz dans l'espace articulaire.

Les ostéopathes ne forcent jamais les articulations au-delà des limites physiologiques.

La force appliquée à bon escient, que l'on appelle un "thrust", sert par sa spécificité et sa rapidité à provoquer un réflexe qui permet à plus ou moins brève échéance, la récupération de la mobilité articulaire et la cessation des phénomènes algiques.

Toutefois, ces techniques structurelles peuvent être désagréables, nécessitent de la part du sujet ainsi manipulé un état de détente, une confiance et une coopération très grande. Le patient peut tout aussi bien manifester son inconfort, et des techniques alternatives seront utilisées, comme :

  • les tractions manuelles axiales : alternance de traction - relâchement le plus souvent sur la colonne vertébrale mais aussi sur la hanche et sur d'autres articulations.

  • les techniques musculaires

  • les techniques myotensives dites de Mitchell : elles nécessitent la participation active du sujet par un jeu de contracter-relâcher (mise en tension volontaire puis relâchement)qui va permettre à la lésion de céder rapidement.

  • les techniques par positionnement ou de tension contre-tension "strain and counterstrain" de Lawrence Jones.

 

Les techniques fonctionnelles

Les techniques fonctionnelles nécessitent elles aussi souvent la participation active du sujet, autant que son relâchement. Elles permettent au thérapeute, avec l'aide du sujet, de mobiliser les tissus (muscles, articulations et respiration volontaire) d'amener le sujet à un état de relâchement suffisant pour permettre la correction spontanée de la lésion ostéopathique.

Pour expliquer ces techniques fonctionnelles, nous employons souvent cette métaphore : lorsque l'on marche et que l'on se prend une manche dans un clou,

il y a trois solutions : 
on peut tirer pour se dégager et peut-être déchirer la chemise, mais on peut aussi

  • interrompre le mouvement et revenir légèrement en arrière pour se dégager sans déchirer la chemise : c'est la technique fonctionnelle directe;

  • on peut interrompre le mouvement, revenir légèrement en arrière et avec l'autre main, prendre le tissu et délicatement le retirer du clou : c'est la technique fonctionnelle indirecte.

Ces techniques sont particulièrement indiquées chez les enfants et les personnes âgées.

 

Les techniques crâniennes

Les techniques crâniennes sont liées au Mécanisme Respiratoire Primaire, un ensemble de mouvements propres à tous les tissus du corps, par leur drainage vasculaire et lymphatique notamment, et donc totalement involontaire et inconscient.

L'ostéopathe sent le mouvement involontaire des os du crâne et du sacrum ainsi que de l'ensemble des tissus du corps.

Il définit par sa palpation ce qu'il appelle une lésion et met en place différentes techniques crâniennes, fines et souvent très douces, pour que ce mécanisme redevienne souple, ample et rythmé sur l'ensemble de l'organisme.

Le Stress et l'anxiété notamment, par leur effet sur l'ensemble du système musculaire (par le serrage des dents, par les contractures des trapèzes, du diaphragme, par exemple), sont très vecteurs de troubles sur le rythme respiratoire "crânien" chez le patient qui en souffre, et ce rythme altéré va empêcher un bon drainage des muscles, organes, tissus, avec toutes les conséquences organiques et fonctionnelles que l'on connait au stress.

L'ostéopathe est donc en mesure de relâcher ces tensions sur leur forme et leur expression, même s'il est évident que pour agir sur le fond, il faudra que le patient comprenne et agisse pour enrayer ce stress, si possible !

 

Les techniques viscérales

Les travaux entrepris depuis Jean-Pierre BARRAL sur les organes de l'abdomen ont montré qu'il existe une dynamique précise et répétitive de la sphère viscérale : les viscères se déplacent de manière spécifique sous l'influence de la pression diaphragmatique, et sous l'influence de leur propre mouvement (pour les intestins par exemple).

Cette dynamique viscérale peut être modifiée (restriction de mobilité ou de motilité quand c'est leur propre mouvement qui est contraint) ou disparaître.

Dans ce cas, les symptômes de troubles fonctionnels d'un organe correspondent à une dynamique anormale de l'organe. En appliquant une technique spécifique, l'ostéopathe permet à l'organe de retrouver sa physiologie naturelle et les troubles liés à la restriction de mobilité sont ainsi corrigés.

 

Les techniques fasciales

Les Fascias font l'objet d'un intérêt croissant et de recherches intensives actuellement.

 

Leur image est celle d'une fine couche de cellules qui entourent chaque élément du corps : les muscles, les os, les nerfs, les vaisseaux, etc, et leur permet de glisser les uns sur les autres sans se frotter, se froisser ou se gripper.

L'image souvent utilisée est celle de la petite pellicule que nous connaissons tous autour du filet de poulet !

L'intérêt de ces fascias réside sur le fait que ces fascias glissent les uns sur les autres, mais aussi que c'est sur eux que vont glisser d'une par les vaisseaux et les nerfs, donc de lui vont dépendre une bonne vascularisation et une bonne innervation.

Enfin, ces fascias sont tous en continuité dans notre organisme.

 

Depuis le crâne jusqu'aux orteils, c'est le même ensemble de tissus qui se poursuit : d'où une explication possible au blocage d'une région complète du corps, de douleurs ou de gênes alors que médicalement, chaque organe pris individuellement fonctionne bien, et qu'aucun examen ne répond clairement à "qu'est-ce qui me fait donc mal ?" !

© Par Yannick Fleck Osteopathe SASU.